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LA 2E VIE D’ALYSON

Le mois d’octobre a plusieurs significations pour moi. Il est celui des plus beaux paysages que nous offre Québec. Il est le mois de la sensibilisation du cancer du sein, et en tant que femme, cela me touche particulièrement.

Et il est le mois de ma naissance.

Le 2 octobre, journée de mon 32e anniversaire, j’ai parlé pour la première fois à Alyson Beauchesne-Lévesque, jeune femme rayonnante de presque 30 ans – pour qui c’est aussi le mois de son « double » anniversaire – atteinte d’un cancer du sein. Pour le « double anniversaire », j’y reviendrai plus loin.

Lorsque je lui ai parlé de vive voix pour la première fois, je n’avais pas encore assimilé que Stade 4, nom de son livre qu’elle vient de lancer, était celui associé au cancer incurable, généralisé. Les mots m’ont manqué lorsqu’elle me l’a annoncé en toute légèreté : « Karine, ne le prends pas comme ça. Je te parle là, et tu vas voir, ça ne parait même pas », m’a-t-elle dit en riant face à mes peu de mots. L’apparence pour moi était devenue bien secondaire, mais voyez par vous-même la personne pleine de vie qu’elle est !

Belle leçon pour moi après avoir passé une partie de la journée à me plaindre sur l’année de plus, de trop. Celle qu’Alyson n’aura peut-être pas. Chaque nouvelle année depuis son diagnostic en 2016, Alyson la prend comme étant le plus beau cadeau qui soit. Oui, ça fait beaucoup réfléchir…

Pourquoi vous parler de ça ici ? Quel lien peut-il bien y avoir entre Alyson et Entourage ? Je vous explique…

Comme vous le savez, nous avons le plaisir d’accueillir l’équipe et les invités de l’émission Bien durant leur tournage. Lorsque la production de TVA m’a contacté pour me demander si c’était possible d’offrir un bon tarif à Alyson pour la nuit précédant le tournage pour qu’elle se repose après de longues heures sur la route – elle se promène entre Baie-Comeau et Montréal pour les entrevues/conférence, mais surtout pour son fils de 5 ans – nous n’avons pas hésité à la lui offrir gratuitement. C’était tout naturel, d’autant plus qu’Entourage s’implique tout au long de ce mois consacré à la sensibilisation du cancer du sein. D’ailleurs, sachez que notre restaurant L’îlot Repère gourmand offre un verre de vin rosé à toutes les femmes lorsqu’elles commandent un plat et en présentant ce coupon ! Verres que nous avons partagés avec Saskia Thuot, l’animatrice de l’émission Bien, en cette journée d’octobre. Pour célébrer la vie. Celle d’Alyson, et la nôtre !

Et Alyson célèbrera doublement son anniversaire le 24 octobre prochain. Pourquoi un double ? Parce qu’en plus d’être née cette journée de 1988, le 24 octobre 2016 correspond à la journée où est tombé le diagnostic de stage 4, quelques jours seulement après avoir su qu’elle était atteinte d’un cancer du sein.  

Jeune maman monoparentale d’un petit garçon de 3 ans à l’époque, elle a accueilli cette nouvelle comme une renaissance : « C’était le p’tit kick que j’avais de besoin pour faire les bons choix dans ma vie. Je n’avais plus le temps de trouver mon bonheur, je devais être heureuse, là, maintenant ».

Presque immédiatement, par amour, mais surtout pour son rêve de retourner vivre à la campagne depuis le départ de son Rimouski à l’âge de 10 ans, elle a quitté Montréal pour Baie-Comeau et a accepté une garde partagée à 40 %, non sans peine, afin que son fils conserve ses repaires une fois qu’elle ne serait plus là. Une triste fatalité ? « Pas du tout », me répond Alyson, du tac au tac. « Je prépare ma mort comme j’ai préparé l’arrivée de mon fils durant ma grossesse. Il n’était pas « prévu » lui non plus, et c’est la plus belle chose qui me soit arrivée ! »

Une autre belle leçon de cette jeune femme qui, en plus d’avoir une foi inébranlable en la vie, s’implique auprès de jeunes adultes dont la maladie les frappe de plein fouet – notamment par l’entreprise de sa page Facebook où elle aborde la maladie avec humour – et travaille bénévolement dans un établissement de soins palliatifs.

Lorsque j’ai rencontré Alyson le 9 octobre dernier, elle arrivait tout juste de Montréal où elle avait accordé des entrevues pour la sortie de son livre que je vous invite d’ailleurs à découvrir ici. En plus d’écrire son histoire, elle a dessiné toutes les illustrations du livre, une passion qu’elle avait déjà, mais qui est devenue une sorte de thérapie après que soit tombé le diagnostic de stade 4.

Elle a quitté Montréal aux aurores afin de me rencontrer et de maximiser sa journée à Entourage, pour se faire plaisir. Nous avions aussi une surprise pour elle : une invitation à profiter de l’expérience thermique du Sibéria Spa. Merci d’ailleurs à Mme Amélie Gagnon d’avoir accueilli Alyson pour cette détente plus que méritée.

Ma chère Alyson, tu as marqué mon 32e anniversaire, mais aussi toute l’équipe d’Entourage sur-le-Lac. En leur nom, merci d’avoir partagé une partie de ton histoire avec nous et pour ta belle énergie contagieuse. Il est où le bonheur ? Il est assurément en toi…

Pour terminer, je vous laisse sur quelques-unes de phrases qui représentent bien la jeune femme « réaliste optimiste » que j’ai eu l’honneur de rencontrer :

 « Le stade 4, c’est comme avoir un accident à 5 km/h. Tu as le temps d’ajuster tes miroirs, t’assurer que tes passagers sont bien attachés, leur parler pour les préparer à l’impact, prendre une gorgée d’eau, respirer. »

« C’est presque une chance d’avoir eu le diagnostic de stade 4 immédiatement. Je n’ai pas besoin de m’inquiéter si mon cancer va progresser. Je connais la fatalité et tant et aussi longtemps qu’il y aura un traitement pour le garder stable, je vis sans attendre. »

« Je lis beaucoup de livre sur la mort et j’ai bien aimé le passage d’un homme qui disait que le dernier geste qu’il ferait avant sa mort est de prendre une cuillère de grains de maïs : lors de la crémation, ça va être un beau gros party dans mon corps ! »

« Mon testament est le plus loufoque que ma notaire ait vu. Je tenais à ce qu’il soit léger, à mon image. Tous ceux qui m’ont aidé sur le chemin du cancer seront récompensés, à ma façon. »

– La chroniqueuse ESL